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D’E'CRIRE DES LETTRES. XIII
deux vers qui rìètoient pas à fa louange x-f quin’avaient rien de fort admirable. Le Théâtrea été quelque tems notre refuge. U ne falloitpas être des Corneilles , ni des Racines pour yfaire fortune. Fradon y a vécu vingt ans auxdépens du Public. Hélas 1 ce Fort nom ejìfermé : les Comédiens font devenm Poètes. Nousnous consolerions , s’il s’en trouvait qmlqiinn,qui comme la Thuillerie (a) achetât nos Piècespour les faire paraître fous J'on nom : mais laThuillerie si a point dlimitateurs , U Dancourt(b) régné fur le Théâtre. Arrêtez , Sire , unelicence Jì ejrenée: bornez le Comédien à sonemploi , à moins qu’il n'ait le mérite de Mo-lière ou de Baron : ff rendez le Théâtre purgéd’équivoques grossières , de fades plaisanteries,aux Héros de la Grece U de Rome: ils y pa-* 7 roìtront
Animer le Canard qui languit après elle.
Colleret charmé de cette libéralité, & peu ac-coutumé à en recevoir de pareilles, fit les deuxvers qui suivent:
Armand, qui pour deux vers m’as donnécinq cens livres
Que ne puis-je à ce prix te vendre tousmes livres !
(a) La Thuilerie étoit un Comédien de Parisqui achetoit les Comédies des Poètes, & les payoitbien, à condition qu’ils lui cederoient le titre«TAuteur ; & comme en les revendant à la Trou-pe, il y trouvnit ordinairement son compte, ceprofit joint à l’honneur qu’il en retiroit, le récom-pensait assez de l’avance qu’il faisoit anx véritablesAuteurs On a un Recueil fous son nom. La prin-cipale Pièce est Hercule qn’il dédia à Madame laDauphine comme s’il sent composée.
(b) Dancourt connu par un Recueil de Comé-dies , auxquelles il a très-peu de part, achetoitdes Ecrivains faméliques, ou qui ne vouloient
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