lxviii Particularitez de la Vie
non-seulement dans la Médecine , mais enco-re dans la Philosophie & dans les Belles-Lettres.
11 sot de l’Académie Franqoise, & de l’Aca-démie des Sciences. Nous avons de lui plu-sieurs Ouvrages estimez des Savans, 11 mou-rut en 1669. âgé de 7;. ans.
Ç'Onrart ( Valentin ) étoit de Paris &d’une bonne maison bourgeoise. A Pagede vingt-cinq ans, il s’allia à une honnête fa.mille. Après, il acheta une Charge de Sé-crétaire du Roi; mais il ne s’attacha pas ex-trémement à en foire les fonctions, parcequ’il aimoit avec ardeur les Belles-Lettres, &qu’il ne songeoit qu’à s’y rendre illustre. L’A-cadémie Franqoise commenqa de se formerchez lui ; & dès que le Cardinal de Richelieul’eut établie, il en fut le Secretaire perpétuel.De tous les honnêtes gens qui écrivoient alorsen vers, ou en prose, iln’y en avoit presquepoint qui ne lui rendît visite, qui ne le con-sultât , & qui n’eût de la joie de foire amitiéavec lui. II les obligeoit aussi; mais autantpar vanité que par affection. 11 aimoit passion-nément la gloire, & il étoit ravi qu’on dît, qu’ilconnoissoit les personnes de mérite, & qu’il leurrendoit de bons offices. Si dans ce siècle les mi- jgnons de la fortune étoient de cette humeur-là,tjuantité d’honnêtes gens n’iroient pas en poste !à l’Hôpital. Les plus fameux Amis de Conrart, !furent, à'Ablancourt , Godeau , Balzac , Vau - Igelas, Sarazin , ÇA Boijrobert. Conrart étoitcivil & poli. II passoit pour un homme qui fa- jvoit extrêmement bien fa Langue; & il avoitde la joie d’avoir cette réputation. II la mé*ritoit auffi : Car il parloit, & écrivoit poli-ment ; & hormis quelque peu de tems qu’ilavoit employé à apprendre l’Italien, il s’étoit
feulement