lxxii Particularitez de la Vie
& fort délicate, & prenoit plaisir à traiteragréablement ses Amis. Cette humeur galan-te, & beaucoup d’autres qualitez, le firentaimer de bien des gens, qui le regrettèrentaprès fa mort. 11 fut attaqué d’un asthme;
& d’une hydropisie, & comme il en penfoitguérir, il ftt venir les violons & les Musi-ciens, & fe réjouît avec eux. Mais il netarda guères à retomber plus malade, & ilmourut en 1660. à cinquante ans, ou un peuplus, voici son Epitapne.
Hic jacet venerabilit Dominm Petrus Cos-Tas, Presbyter Parijìk natus ; in sacra Théo- ■logiíe Facultate Baccalaurem : obìit décima ter-tìà die Maji , anno Salutis 1660.
("'Harles Cotin étoit de Paris, & d’unefamille fort honnête; qui prit plaisir à re-lever : 11 fe mit, dès qu’il entra dans le mon-de , à faire des vers : depuis , il les aban-donna , & prit le parti de l’Eglife : & com-me c’est la coutume, on l’appella MonseurP Abbé. Cotin qui avoit de l’eíçrit, & del’ambition, crut que s’il prêchoit, il pour*roit fe faire connoître à la Cour, & en ob-tenir quelque grâce. Ainsi, il eut le bon- ;heur de monter dans quelques Chaires desmeilleures Paroisses de Paris, & d’y annon- >cer les Véritez Evangéliques. Mais enfin com-me il vit qu’on étoit toujours assis au large àses Sermons, & qu’il fe fatiguoit inutilement, .il quitta la Prédication, & le remit à rimer.
II commença alors d’écrire des Lettres, & defaire force Epigrammes, & Madrigaux : & ilen fit imprimer un Livre qui se vendit. IIcomposa audi un Recueil d’Enigmes, & leCantique en vers. Ces Ouvrages furent estimez,
& le firent recevoir de l’Académie Françoise.