11 des Auteurs François, lxxv
; & p à vingt ans, elle commença de setter les
fnîî yeux fur son peu de bien; & se voyant pau-
laU* vre & avec autant d’esprit que d’ambition,
ita ®i. eìle vint à Paris, dans le dessein de s’y faire
I alla ot connoître, & de changer fa fortune. Elle ne
atiKja f e trompa point tout-à-fait là-dessus. A la
* ' JI “ì faveur de son génie , elle fit bien-tôt parler
Letras ii d’elle ; & l’on chercha à en avoir la connoií-
lance. Mr. de Ville-Dieu , Gentilhomme bienfait, & assez accommodé, fut l’un des pre-■ -. miers qui connut Mademoiselle des Jardins,
la Refi JI l’estima , il l’aima, quoi qu’elle ne fût pas
'alietst belle, & l’épousa. Mais par malheur quel-
> 51® : que tems après, il mourut. La pauvre fem-
Mê e; me se retira de regret en Religion ; mais lors
nsieiiíM qu’elle y eut un peu soulagé sa douleur, elle
> pli: h en sortit ; elle rentra dans le monde, Sc
:n Francs épousa en secondes noces Mr. de la Châte,
à! à qu’elle enterra aussi. Touchée de ce nou-
itd'lï veau malheur, elle renonça entièrement au
câ«il mariage, & se résolut de passer le reste de
ír.dtïl ses jours dans la Galanterie. Elle se mit donc’taiti à prêter l’orejlle aux fleurettes des Galans : &
iporï à leur faire réponse par des Vers, & par des
il yen? Lettres où il y a un caractère fin & délicat,
eterffl i Elle eut effectivement en tous ses Ouvrages,
jr | a [!« de nouveaux tours, de nouvelles expressions,
; Orcs. & des sentimens d’amour, auxquels l’eíprit
Jjfi «volt plus de part que le cœur. L’un de ses
niifal» Galans composa cette petite Pièce en faveuritjpli de cette ingénieuse Dame:
fée, í*
ittó*)'
e, dtf ;eut
iii
Plus je relis ce que vous faites,
Plus je comtois ce que vous êtes.
II ne faut que vous mettre en train,
Tout le monde , Iris , vous admire .
Si les Dieux fe mêlaient d’écrire,lis emj>runteroient votre main ,
**** a Vous