des Auteurs François, lxxxi
lier ; mais au jugement des Connoisseurs as-sez peu châtie.
Ví M a u c r o i x nâquit à Noyon. II vintà Paris, n’ayant que dix-sept à dix-huit ans. II y étudia en Droit, s’y fit re-cevoir Avocat ; & porta avec honneur la Ro-be au Palais: mais comme l’amour des Bel-les-Lettres, pour lesquelles il se sentoit unpenchant particulier, l’emportoit sur rattache-ment qu’il avoit aux choses de pratique ; ilfaifoít quelquefois des Epigrammes , des Ma-drigaux , des Elégies, de petites Odes, & àla faveur de toutes ces Pièces, il charmoitles Connoisseurs. II auroit apparemment con-tinué à fe divertir de cette maniéré , si onne lui eût résigné un Canonicat de l’Eglife deReims. Cela l’obligea de fe mettre dans lessaints Ordres, auxquels il se sentoit appelle,& de quitter la Poésie enjouée , pour ne s’a-pliquer uniquement qu’à son devoir, & dansses heures de loisir, à quelques Ouvrages so-lides & sérieux. Ainsi il traduisit les Philip-piqiies de Demostbene , des Dialogues de Pla-ton , la plus belle Verrine de Cicéron , quel-ques Homélies des Saints Pérès ; Le Schisme£ Angleterre par Sanderus , Laclance de lamort des persécuteurs , le Ratìonarium tempo-rum du P. Petau, & quelques autres Ouvra-ges. Ses plus fameux Amis étoient d’Ablan-court, Conrart, des R eaux , Tallemant, Pa-tru, la Fontaine : II vécut en frère avec cedernier. On lui donne la louange d’avoir ététoujours sincère , toujours généreux, toujoursobligeant. (II mourut en 170g. le 9. Avril,âgé de 90. ans. )