88 Lettres Passionnées.
diez rien au Ciel, souffrira -1 - elle que vou*soyez satisfaite d’une seconde, & d’une se-conde qui vous coûtera de cruels remords ?Le souvenir de ce passé bienheureux ne voustouche-t-il point ? Ne vous ai-je pas coûtéassez cher pour vous être précieux ? Hé !Mademoiselle, par pitié..... Un des Va-lets que j’envoye fans cesse à * * * m’ap.prend qu’il n’y a plus d’espérance pour moi.Vous allez donc être mariée? Vous allezdonc passer les nuits auprès d’un homme?Non, je fuis un lâche, ou vous ne les ypasserez point. C’en est fait, & je vousverrois à mes pieds implorer cette même pi-tié , que je vous ai fi souvent demandée ;tout seroit inutile ; ou je ne pourrai, ou jevous rendrai détestable à toute la Terre; &je pars pour vous perdre dans l’esprit de monRival. Misérable que je suis, emporté, bru-tal ! Est-ce là, la récompense que je vousdois? Votre injustice vaut-elle les bontez quevous avez eues? Ne fuis je pas encore assezhaï ? Ne craignez rien , Mademoiselle, necraignez rien, je mourrois plutôt, que devous donner la moindre fâcherie : car je fuis,
Votre très humble & très-passionné serviteur.
MADAME * * L Mr. * *
Elle lui marque qu’il a tort (Vitre jaloux.
gUr quoi fondez-vous la jalousie , que vousavez? fur ce que je vous ai écrit de ceprétendu Amant ? Cette exactitude à vous ren-dre compte des moindres choses, ne vous
prouve-