Epîtres
litre, (a) Mais ne croyez pas, Monseigneur,que pour relever vos actions , je veuille abais-ser celles de ce grand Héros. Quelles louan-ges ne mérite point un Prince dont l’Etat n’eítpas plus grand que votre Gouvernement, quia l’aíTurance cl’aller affronter le Monarque del’Afie, (b) qui l’a vaincu dans trois Bataillesrangées , qui avec trente ou quarante millehommes, lui en a défait des millions ; &comme si c’eût été peu pour son courageque d’en avoir triomphé , il est allé attaquerun (c) ‘ autre Prince fur les rives de PHy-daspe, ( d ) & s’il eût été suivi, il portoitses conquêtes jusqu’au Gange (c), ou plûtòtpar toute la Terre. Mais je n’aurois de mavie fait, si je voulois m’embarquer dans leslouanges du Duc d’Enguien & cPAlexandre.
C’est
fa) Sanfon <jui étoit habile dans les choses quiregardent la Géographie, m’a assuré que quand Ale-xandre commenqa la guerre contre Darius, les Etatsd’Alexandre étoient aussi grands que la moitié de laFrance. Ainsi, lorsque d’Ablanconrt a écrit qu’ilsn’avoient pas plus détendue que la Bourgogne, dontle Duc d’Enguien étoit Gouverneur fous le nom dePrince de Condé , il a parlé figurément.
(b) C’étoit Darius. Alexandre le défit plusieursfois , & la Bataille où il eut le plus d’avantage,fut celle d 'Arhelles. Darius depuis eut toujours dumalheur, & enfin deux de ses Capitaines conspirè-rent contre lui, & l’assaffinérent cruellement.
(c) 11 parle de Ponts , le plus vaillant Roi desIndes. II s’opposa courageusement à Alexandre,mais il en Fut vaincu. II tomba même entre lesmains du Victorieux , qui le fit panser de ses bles-sures , & le requt ensuite a u nombre de ses amis.Voyez Qttmte-Curce , lìv. 8. chap. 12. 19. 14.
(d) Fleuve considérable dans les Indes.
00 C’est le Fleuve le plus grand & le plus Fa-meux de toutes les Indes.