DE RAMBOUILLET.
Elle charme lors qti’elle oblige.
Mademoiselle,
("yEA dommage que vous ne preniez plussouvent plaisir à faire du bien, person-ne ne le sait accompagner de tant de grâces,J’ai reqú avec tout le respect que je devois,vos complimens: & vous ne m’avez pas seu-lement consolé de ma mauvaise fortune, maisvous m’avez fait douter si je la devois appel-ler de la forte: & quand vous me dites que labonté que vous aurez pour moi, ne durerapas plus que mon malheur, vous m’obligezde souhaiter qu’il ne finisse jamais, E’êtes-vous pas une grande Enchanteresse ? Votre pré-sence qui est l’un des plus grands biens, &votre absence l’un des plus grands maux, vousles avez changées de telle maniéré en disanttrois paroles , que je ne sai laquelle de cesdeux choses est le plus à desirer pour moi. Ce-pendant, Mademoiselle, puis que j’ai à êtretourmenté d’une faqon ou d’autre , j’aimeroisencore mieux l’étre auprès de vous , & quel-que méchante que vous soyez, vous ne mesauriez faire de plus grand mal que celui dene vous point voir. Je vous crains au delàde ce que vous pouvez vous imaginer: maissi le respect que je vous dois, me permet deparler ainsi, je vous aime plus que je ne vouscrains , & je fuis plus que personne,
Mademoiselle,
Votre très humble , Le.