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Lettres
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A MONSIEUR LE MARQUIS
DE P I S A N I.
Jl écrit très - bien.
Monsieur,
OI j’estime les deux Lettres que vous avçz° louées, c’est parce qu’elles sont cause del’honneur que j’ai eu d’en recevoir une desvôtres. Lors que je í’ai vúe, je me fuis con.firmé dans la pensée que j’avois de vous, quevous me pourriez un jour donner de la jalou-sie , & m’ôter la gloire de bien écrire > à la-quelle fans vous je pourrois prétendre. Maispuis qu’il vous reste tant d’aucres moyens d’enaquerir, permettez, s’il vous plaît, Monsieur,que j’aye celle-là, & ne perdez pas une sibelle occasion de m’obliger & de me donnerde particulières preuves de votre amitié , lais-sent pour l’amour de moi une louange quevous pourriez partager si glorieusement. 11 yen a d’autres plus solides, & plus dignes devous. Cependant s’il vous semble qu’il n’yen ait point de si petite qu’un honnête hom-« me doive mépriser, & que ce soit la seulechose dont il ne faut pas qu’il soit libéral ;je n’ai rien à dire contre un sentiment si ju-ste , & je souffrirai volontiers d’être vaincu,puisque ce sera de vous. Pour la gloire quevous m’ôterez, je prendrai part à la vôtre,ou je me contenterai de celle d’être,
Votre très-humble, Le.
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