de Louange. 217
le plus bel endroit de ma vie , défi que dantde Jt grands emplois tfi dans une autorité Jìstbfolue , jamais ma colère ni ma haine n’ontfait porter le deuil au moindre de mes Ci-toyens.
Que ces mots - là , Monseigneur, sont di-gnes de réflexion ! 11 avoit gagné des Batail-les , il avoit pris des Villes, il avoit étendules Frontières de l’Attique, il avoit sauvé,comme vous, fa République d’une destruction& d’une ruine qui paroissoit inévitable ; &cependant rien de tout cela n’est si doux, fitouchant > ni si piquant à son souvenir , queles effets de fa clémence & de fa bonté. Undes premiers, Monseigneur, qui découvrit dan*votre grande ame une qualité si divine, &qui m’en annonça l’heureuse nouvelle, ce futle Poète & le devin dont je parle à VotreEminence. Pendant le voyage de Perpignan,il eut l’honneur de demeurer toujours auprèsde votre personne, il ne cessa de vous étudieravec une entière application, il comprit devous tout ce que vous aviez de compréhen-sible > & me dit au retour, que le Ciel, quidès lors commençoit à se déclarer & à faireconnoìtre visiblement qu’il vous destinois pourremplir la place du grand Armand, ayant ré-pandu dans votre esprit les plus vivres lumiè-res qui viennent des Astres, avoit formé vo-tre cœur fur le Patron du premier Jules, quisembloit ne vouloir vaincre que pour avoir lagloire de pardonner. Depuis ce tems-là,Mon-seigneur , nous fûmes bien confirmez dans cejugement, lorsqu’il plut à la Reine de vousappeiler au Gouvernement, & de vous confierle principal foin des affaires. Et véritable-ment jamais le lever du Soleil ne fut plus beauque votre avenement au Ministère. Votre Emi-
Tome L Ií nence