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de Louange, 219
de Pimpoflìble que le Monde ait peut-êtrejamais vùë, lui qui est si vieux, & qui nevoit presque rien qui lui soit nouveau. Mais,Monseigneur, mon cher ami n’a point été letémoin de ces miracles, ni de tous ceux quiles ont suivis : il n’étoit déja plus, & nousn’avons sauvé de lui que ce qui s’en est con-servé dans ses Ouvrages, & dans le Livre queje vous présente. Laissez-moi croire , Mon-seigneur, que vous ne dédaignerez pas d’yjetter quelquefois les yeux, ou du moins ayezagréable que je vous fasse le compliment de Mar-tial (a) à Domitien. Vous vous contenterezde recevoir mes vers fort civilement , 'èfi moisaurai la vanité de me figurer que vous lesaurez lus avec plaisir : ’efi enfié dlttnc bonneopinion de moLmême , je tirerai grand avan-tage de cette crédulité de bon Gaulois , quim’ejì naturelle , U dont je me trouve Ji bien .Vous voyez, Monseigneur, que ce n’est pasd’aujourd’hui que notre Nation est accuséede se flatter en ce qu’elle veut ; & faute demeilleures choses, de se repaître de vaine»chimères, & de téméraires espérances. Néan-moins , Monseigneur , je ne pense pas qu’oneût droit de me reprocher ce défaut, quand
je me
00 Martial étoit de Bilbilis au Païs des Celti-béres, à présent l’Arragon. II vivoit sous l’Em-pire de Domitien, & mourut fort pauvre , aprèsavoir vécu 7;. ans. II a fait 14. Livres d’Epigram-mes & un des Spectacles ; quelques-uns doutentque ce dernier soit de lui : on croît qn’avaut qued’être Poète, il fut Cuisinier. ( Le Père Jouvencidit que dans quelques Manuscrits anciens il est ap-pelle Mr. Val. Martial Cuisinier , & il ajoute quece nom lui peut avoir été donné par raillerie oubien à cause de son père 011 ,de quelqu’un de sa fa-mille. )