de Louange. 221
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A MONSIEUR
S C A R O N.
O N S I E U R,
Vous savez bien le compliment que le Car-dinal d’Est fit à l’Arioste , après avoir lûson Orlamlo. Sier Lodovigo, d’ue dìaval avytrouvà tante coyoner/e. Ge qu’il lui dit en.Piéniontois, j’ai grande envie de vous le direen Manceau , en changeant Lodovigo en Pau!,8c ce vilain mot de coyonerie , en celui deJsigeries. Ne croyez-vous pas, Monsieur,que Nigeries vient de Nug,e , & n’ai-je passujet de croire aussi que vous pourriez dire devous plus justement que personne :
IDe ego sum nullì nugarum laude securtdui.
Mais afin que vous ne vous offensiez pointde voir ainsi nommer votre Prose, & vos Versqui font faits avec tant d’esprit, je vous priede vous souvenir que Catulle n’a point dédai-gné de donner ce nom à ses Poésies, quoiqu’elles fussent les délices du Siécle d’Augu-ste, qui étoit un Régne de politesse aussi bienque de justice. En vérité, Monsieur, votreRoman est excellent en son genre, & ceuxque vous appeliez les Pottjfeurs de beaux sen-timens , n’en ont pas toûjours de bons, s’ilsne les estiment avec le Peuple, & avec laplus faine, & la plus grande partie des BeauxEsprits. Je n’aime pas moins qu’eux ce quitouche lé cœur, mais j’ai me aussi ce qui cha-touille la rate > & sachant qu’il n’est pas plusK z propre