de Louange. 2Z5
trer que j’ai plus de vanité qu’une femme, &que j’aime les louanges (a) avec trop de pation. Celles que vous me donez, font déli-cates , j’en fuis enchanté, & soit que vous metrompiez, ou que je vous trompe , il n’y eutjamais de plus charmante erreur ; & je vou-drois de toute mon ame qu’elle durât tou-jours.
fa) Balzac s’est peint ici lui-méme d’après natu-re : il aimoit passionnément la louange : tout hom-me de Lettres doit brûler de la même ardeur. IIn’y a qu’une si noble Passion qui porte à bien fai-re , Si fans cela on ne sauroit que ramper miséra-blement , comme le Sienr de Cormes, l'excrémentdu Parnasse.
Dans le Siécle antique U moderne,
Jamais sot ne mérita mieuxD'ètre poussé Sun coup de berne,
Jusqu'à moitié chemin des Cieux.
A MADEMOISELLE Lettres
choisies
DE SCUDERY. }?». «
IlV-2.
Balzac lui mande quHl ne croît pas mériterles louanges quelle lui donne.
J E n’ai, Mademoiselle, ni assez d’humilitépour rejetter les louanges que vous me don-nez , ni assez de présomption pour y consen-tir. D’y ajouter foi, ce seroit avoir l’imagi-nation un peu forte, & de s’en offenser, ceseroit être de mauvaise humeur: le tempéra-ment que je tiens en cela, ne vous fera pointde tort ; je considère vos excellentes parolescomme purement vôtres, & íàns que je pensequ’elles m’appartiennent : elles feront de cette
forte