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Tome premier.
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3 6 z Lettres

dant le tems que nous avons été ensemble,il suroît été impossible de les compter. Sur-tout en matière de Livres , de quoi ne se van-te-t-il point ; il a raison de dire qu’il les dé-vore ; c’est ce qui l’empêche de les digérer ;& ce qui fait que son esprit en retire si peude nourriture. II cite à tous momens, & ila dans la tête une étrange confusion d’Histoi-res. Mais bon Dieu ! Madame, que fa scien-ce est éloignée de la maniéré dont il fautsavoir 1 Et qu’il lui seroit plus avantageux d’é-tre un honnête ignorant, qu’un savant si in-commode ! On a pitié de la peine qu’il sedonne à faire de méchantes allusions, & àdire de baffes équivoques. II n’en laisse échap-per aucune. II est continuellement en senti-nelle pour surprendre une pointe au passage ;& lorsqu’il en vient à bout, il rit de tout tzncœur, & on le chagrine si l’on ne rit aussifort que lui. Quand j’eusse eu envie de de-venir savant; voilà justement l’homme qu’ilme faloit pour m’en dégoûter, & me faireaimer mon ignorance. Sa conversation m’aaussi donné tant d’ennui, que rien depuisn’a été capable de soulager mon chagrin.C’est, Madame, dequoi vous assure,

Votre très-humble & très-obéïssant Serviteur.

A MADAME L * *•

Satire d’mt ejfirit greffier U mélancolique. -

VJOnfieur N*, a de l’eíprit infiniment. Sonesprit, on l’avoue, est subtil, mais Ma-dame , il s’évapore : & . quand il auroit moins

de ce