3 66 Lettres Satiriques.
de Lettres de Province commencent à «'en-tretenir de votre mérite ; & ceux que j’ai l’hon-neur de voir à Paris, me demandent tous,qui est ce Monjìeitr Thomas de Lonr.es , dontvous parlez íì avantageusement 1 Ho, ho !leur dis-je d’un air qui témoigne l’estime quej’ai pour vous, c’est un grand Poète , & ungrand Orateur , le Malherbe du Dauphine, &le Patru du Parlement de Grenoble : & pouren être agréablement persuadé, vous n’avezqu’à lire ses Oeuvres. C’est, Monsieur, dela maniéré que je satisfais la curiosité desPersonnes Illustres qui veulent avoir plus deconnoissance de ce que vous valez; & vousme devriez savoir quelque gré d’une conduiteíì obligeante. Mais au contraire , vous jettezfeu & flâme, & vous me déchirez par de simisérables satires, que si l’on ne voyoit vo-tre nom au bas, on penseroit qu’elles futsent de ces barbouilleurs, qui depuis la Ser-re, ont été en France. Hé ! Monsieur, nedétruisez point par de méchantes Pièces laréputation où vous êtes. C’eft un bien fra-gile que cette réputation ; & elle vous doitêtre d’autant plus chere , qu’elle vous coûteinfiniment. Travaillez, je vous en conjure^avec esprit, ou demeurez en repos; &faites-moi la grâce de croire que rien ne m’empê-chera de continuer avec ardeur à vous fai-re voir que je fuis de toute mon ame,
Votre très-humbleServiteur, R.
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