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Il if est pas avantageux de vivre, maisde bien vivre.
^Os jours, cher Ami, passent vîte: Pen-fance s’écoule d’abord, ensuite la jeu-nesse , puis la vieillesse, & après on apperqoitle but où vont tous les hommes. Ils le pren-nent pour un écueil ; mais mal ; c’est un portqu’on ne doit point fuir. Ceux qui y fontdès leur bas âge , ne fe doivent non plusplaindre qu’un Pilote qui a bien-tôt achevé facourse. II y a des vents foibles qui nous re-tiennent en Mer , & qui font qu’on s’ennuyedu calme; d’autres qui font violens, & quinous poussent avec vitesse où nous devons ar-river. II en est de même à l’égard de la vie :elle mene les uns promtement où tout le mon-de doit aller : elle conduit les autres jufqu’àla vieillesse, qui n’est pas toujours à souhaiter.Ce n’est point un avantage de vivre, mais debien vivre; Le Sage vit autant qu’il doit &non pas autant qu’il peut. II considère cequ’il fera, en quel lieu, de quelle manière,& avec quelles personnes il vivra. II regar-de comme fa vie fera honnête, & non pointcombien elle fera longue.
Les Ingrats ne nous doivent point empêcherde faire du bien.
T70us vous plaignez, cher Ami, d’avoir ren-v contré un Ingrat. Si c’est le premier, vousen êtes obligé à la fortune, ou à votre pru-dence. Mais si de peur de faire des Ingrats,Tome U. B vous