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Tome second.
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4 s Lettres

que celles que son cœur & son inclination luiavoient faites; enfin dont la Vertu étoit tou.te entière de la façon de la Nature, qui fe pi-quant quelquefois de jalousie contre l’Art, dé-daigne de l’associer à son travail, ne veutpoint partager fa gloire avec lui, & rejettantson secours, produit toute feule des ouvragesachevez.

Notre Histoire de France parle avec élogedu vaillant Seigneur de Coucy, qui fe faisantà soi-même une justice rigoureuse, & ne lais-sant pas corrompre son jugement à son amourpropre , s’excusa de prendre l’épée de Conné-table après la mort de Bertrand du Guesclin,& conseilla à Charles VI. de la donner à Oli-vier de Cl istbns. Et du tems de François I.Frédéric Duc de Saxe , étant assuré de tou-tes les Voix du Collège des Electeurs , ne seservit de sa faveur que pour faire élire Char-les-Quint , comme étant plus capable de sou-tenir la dignité de l’Empire& de conserverle repos de l’Allemagne. Néanmoins, ni leSeigneur François, ni le Prince Allemand,n’étoient de l’ordre des Héros que j’ai rapor-tez. Le premier ne fut que modeste, quoi-qu’à la vérité cette modestie ait mérité deslouanges immortelles : & l’autre ne fut queprudent, & ne pouvoit prétendre à une gloi-re plus haute, puis qu’il est certain qu’unepuissante Armée de ce jeune Conquérant étoitfur le point de lui fondre fur la tête , s’ileût eu l’ambition de la couronner, & si lefaux brillant de l’honneur qu’on lui présen-toir , lui éblouissant les yeux, Beût empêchéde reconnoitre le péril inévitable qui le me-naçoit.

Et certes, il est si vrai que le refus desgrandeurs n'est pas toujours une action géné-reuse,