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t-elle ? Prend-elle de l’empire sur vous ? Sesert-elle de son pouvoir pour vous disposerau Mariage, & pour vous affermir dans legénéreux dessein d’être déshérité ? II est vraique je fuis fou > de vous faire toutes ces ques-tions. On mene comme on veut un Hommeaussi amoureux que vous Têtes , & il ne s’enapperqoit pas. Mais ne pourriez-vous pointquitter pour quelques momens les yeux devotre amour, & examiner le procédé de vo-tre Maîtresse ? Ne soyez pas charmé pour luientendre dire qu’elle est bien malheureuse demettre de la division entre Monsieur votrePère, & vous ; qu’elle ne mérite point quevous lui fassiez le sacrifice d’un Bien considé-rable ; qu’il vaut mieux que vous rompiezavec elle, & que vous ne la revoyiez jamais ;ce ne font là que des discours, & quandmême ils feraient soutenus par quelques lar-mes, ces discours ne feraient encore rien ;mais observez, si quand elle vous représentel’inconvénient de perdre quinze mille livresde rente pour elle, elle n’évite point d’ap-profondir trop la matière, si elfe ne coulepoint fur cela légèrement, si dans le mémetems qu’elle vous exhorte à suivre votre in-térêt, elle ne vous insinue point adroitementdes raisons de n’en rien faire, si elle se rendaisément aux prières que vous lui faites dene vous parler plus fur ce ton ; enfin 11 ellen’est point généreuse seulement pour le paraî-tre , & si elle ne cherche point à en avoirl’honneur auprès de vous , fans en essuyer iedanger. Elle est dans une situation où ellene peut donner des louanges à la grandeurd’ame, qui ne soyent des preuves presquesûres qu’elle vous trompe ; & toutes les foisqu’en termes généraux elle vous anime à un
amour