de Conseil. 91
A MADEMOISELLE * *
Le Chevalier d’Her * * ejì d’avú qtìette n’af-, prenne point à louer du Tuorbe.
lans »
'i&k /^’En est trop, Madame votre Tante me ditlilp hier, que vous voulez encore apprendre
ietiíit à jouer du Tuorbe pour accompagner votre
Mffifs voix. A qui en voulez-vous, Mademoiselle ?
’tpoai Est-ce aux Rossignols, qu’onne daignera plusécouter ? Est-ce aux Hommes, à qui vousferez tourner la tête ? Est-ce aux Femmes que1 vous rendrez folles de jalousie ? S’il faut que
vous redoubliez vos agrémens , ni Hommes,ni Femmes, ni Rossignols ne pourront plusvivre avec vous. Votre voix, qui ne fait queemm commencer de fe former, a déja fait deuxou trois Infidèles, qui ne tenoient à leursMaîtresses que par leur chant. Ce Tuorbeque vous allez prendre, va encore désolerl’onijí l’empire de toutes celles qui jouent des in-resqE flrumens. Craignez le destin d’Orphée. («) IILafi chan-
(a) Orphée , ancien Poëte Grec , étoit de Thra-ce , grande Province de l’Europe , appeliée aujour-d’hui Remanie. On croît qu’il vivoit avant Ho-mère. On le fait Auteur de Poèmes, dont ilItìmt ne nous reste aucune chose. II y a quelques Hym-nes & quelques fragmeus , qui portent fou nom ;mais les bons connoisseurs les restituent à Onomacri-te, qui vivoit eu la 66. Olympiade. Les Poètesdisent qu’il étoit si habile dans la Musique, & àtï k jouer de la Lyre, qu’il attiroit les Forêts à lui,arrêtoit les Fleuves les plus rapides, calmoit l’im-pétuofité des vents, & menoit avec lui les bêtes lesplus farouches & les choses les plus insensibles,cotnme les chênes & les rochers. II eut pour Fem-A ,ÏJ me Eu-