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Tome second.
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146 Lettres de Nouvelles.

dent mélancolique, moi qui suis naturelle,ment joyeux & gai, au lieu qu’ils réjouissentles autres. Quand je vois toute cette monda-nité , j’ai pitié de la vanité de ceux qui lesfont. 11 est vrai qu’on ne fait point cettemontre pour les Philosophes, de l’humeur &de la capacité desquels je voudrois bien être :mais c’est pour le vulgaire, qui est ébloui' decet éclat, & en passe le tems plus douce-ment. Je fus ce jour-là quelque peu de temsdavantage qu’à mon ordinaire dans mon étu-de, & m’y employai assez bien. Mes voisinsdisent que j’ai grand tort, de n’avoir pointété à cette cérémonie, & que c’étoit la plusbelle chose du monde, ils me reprochent,quel je fuis trop peu curieux, L'trop mélan-colique, & moi je dis qu’ils font trop peuménagers de leur tems ; je m’en rapporte àvous. Si vous me condamnez, je vous pro-mets que la première fois que le Pape vien-dra à Paris, j’irai exprès jufqu’à la rue SaintJacques au devant de lui, où je l’attendraichez un Libraire en lisant quelque Livre, &ce ne seroit encore que pour vous complaire;car à vous dire la vérité, si le Roi Salomonavec la Reine de Saba, Faisoient ici leur En-trée avec toute leur gloire , je ne sai si j’enquitteroîs mes Livres. Mon Étude me plaîttout autrement, & je m’y tiens plus volon-tiers que dans les plus beaux Palais de Paris.