is2 Relations.
par ces mots, Patrocle gît , & commence cerécit par son Epitaphe. Ainsi je ne vous enferai point à deux fois : & pour vous traitercomme un grand Homme, je vous dirai toutd’un coup,
Voiture, ce pauvre mortel.,
Ne doit plus être appelle tel.
Voiture ejl mort , Ami Ménagé,
Voiture qui fi galammentAvoit fait je ne foi comment,
Les Muses à son badinage;
Voiture eji mort, c’esì grand dommage.
Si vous demandez de quoi, je vous diraiqu’ayant écrit qu’il n’étoit pas glorieux de mou-rir de la fièvre ; cette maladie qui prend leschoses chaudement, & qui se ressouvient toù-jours que les Romains font adorée, n’avoitpû souffrir ce mépris, & qu’après avoir brûlédeux ans Voiture à petit feu, lorsqu’elle sem-bloit être satisfaite d’une si cruelle vangeance,elle avoit tout d’un coup redoublé fa hainecontre lui, & avec tant de violence, qu’ellel’avoit emporté en quatre jours. C’cíí à quoil’on attribue la cause de fa mort, & cela meparoit assez vraisemblable. Je ne vous entre-tiendrai point des Ouvrages que nos amis ontcomposez fur ce sujet, de la tristesse univer-selle de la Cour, du grand deuil qu’ont prisIVleffieurs de l’Académie ; & enfin de ce quis’eit passé entre les hommes aux derniers de-voirs qu’on a rendus à Voiture. J’ai bien deplus grands mystères à vous révéler. J’ai àvous apprendre ce qui s’est fait au Parnasse, &combien illustres ont été les funérailles dontApollon & les Muses ont honoré le défunt.Ne demandez point qui m’en a instruit. C’estun secret trop grand pour le confier à une
Lettre.