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Tome second.
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Relations, 207

Un nombre infini de personnes y ont mê-me passé le reste de leur vie fans en pouvoirsortir. Le fabuleux Palais d’Armide ne fut ja-mais fi redoutable. Nous ( y trouvâmes Mon-sieur de Saint Luc arrêté depuis six mois;Nort depuis quatre années, & d’Ortis depuissix semaines. Ce fut lui qui nous instruisitde toutes ces choses, & qui voulut absolu-ment nous faire voir les Enchanteresses de celieu. 11 pria donc toutes les Belles de la Vil-le à souper: & tout ce qui fe passa dans cemagnifique repas nous fit bien connaître quenous étions en un Païs enchanté. Ces Dames,à n’en point mentir, ont tant de beauté,qu’elles nous surprirent d’abord, & tant d’es-piit qu’elles nous gagnèrent dès la premièreconversation. II est impossible de les voir &de conserver sa liberté : & c’est la destinée detous ceux qui passent par ce lieu-là, s’ils ontla permission d’en sortir, d’y laisser au moinsleur cœur pour otage d’un prompt retour.

Ainsi donc qiìavoient sait les autres ,

11 salut y laisser les nôtres.

Là tous deux ils nous furent pris :

Mais n'en déplaise à tant de Belles }

Ce fut par íaimable d'Ortis

AuJJt nous traita-t-il mieux qu’elles.

Cela ne se fit assurément que fous leur bonplaisir. Elles ne lui envièrent point cetteconquête, & nous jugeant apparemment très-infirmes, elles ne daignèrent pas employerle moindre de leurs charmes pour nous re-tenir. Aussi le lendemain de grand matintrouvâmes nous les portes ouvertes, & leschemins libres, si bien que rien ne nous em-pêcha de gagner Encosse, fur les coureurs que

Mon-