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Tome second.
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246 Relations.

chemin, nous rencontrâmes encore le Respecttout chagrin ; qui me dit qu’il ne fàlloit pasaller si vite, & fit même une rude remon-trance à PAmour, qui ne la pouvant souffrirrépondit :

Arwr / soupirer d’un éternel martyre ,

Toujours aimer , toujours souffrir,

Et peut-être à la fin mourir,

Sans en rien dire,

Et fans savoir fi, lors que ton expire,

Celle pour qui f on meurt y prendra quelquepart !

Faut-il pour être heureux attendre le bazar d ?(fii’enfin près de mourir une belle inhumaineS'avise de connaître s-s finir notre peine,

Sans songer qu’elle peut s’en aviser trop tard ?

Le Respect lui dit qu’il n’en serait pas ainsi,& que si je le fui vois, ma passion ferait bien-tôt connue, sans aller à Déclaration ; qu’aureste je trouverais toujours Aminte au lieu oùil me vouloit mener, & qu’elle ne demeure,roit peut-être qu’un jour à Déclaration, &qu’après je ne la reverrois plus. Je me lais.sai emporter à toutes ses raisons, malgré toutce que put dire PAmour.

J’allai avec lui à une forte place, dont ilest le Gouverneur. C’est une Citadelle bienfortifiée de plusieurs Bastions imprenables. Lesmurailles font si hautes que l’on les perd devûe ; & si épaisses, & fi fortes, qu’on ne peutles ébranler, la Modestie, le Silence, & leSecret gardent la porte, qui n’est qu’un fortpetit guichet.

La Modestie est une Femme fort serieusesans affecter pourtant de l’être ; ses yeux ontle regard fort assuré, & l’on y remarque une

gran-