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Tome second.
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2s8 Relations.

mêmes, parce qu’elles se forment des fantô-mes vains pour fe tourmenter.

Tous ces Perfonnages-là en entrant me fi-rent prendre un breuvage, qui me rendittout autre que je n’étois.

Je devins emporté , méfiant , soupçonneux ,

Et mon emportement me parut raisonnableJe me fis des tourmcns pour être misérable ,Enfin tous les objets me devinrent fâcheux.

Dans cè malheureux état je fus voir la Ja-lousie , qui étoit laide, fort décharnée, &couverte de ferpens, qui lui rougeoient fanscesse le cœur : son regard étoit funeste, &elle ne volt rien à qui elle ne porte envie :Elle me ^'etta un de ses ferpens, qui dans lafureur ou j’étois, m’enflamma encore davan-tage. Je m’en allai ensuite courant par-tout,sans savoir où: quand je voyois Aminte encompagnie je n’ofois saborder, & trembloisdans l’ame, & tâchois d’écouter ce qu’onlui difoit, & íès réponses: je tournois toutesles paroles du sens qui pouvoit me tourmen-ter ; quand on lui parloit à l’oreille, je pâlis-fois tout d’un coup, comme fi j’eusse été prêtde mourir : j’expliquois le moindre geste, lemoindre signe en faveur des autres, & quandje ne la voyois pas, je me Pimaginois entreles bras d’un Rival : ÍÌ elle étoit feule, jecroyois qu’elle attendoit quelqu’un : enfindans mon emportement, j’étois jaloux detout ce que je voyois, & même des chosesinanimées.

Arbres , £s? Fleurs , disois- je , en mon trans-port jaloux ,

Que ne me parle-t-elle aujjìsouvent qu'à vous?Vous êtes Confident de son inquiétude ;

Vous