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Tome second.
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Relations. 289

Après que j’eus assez pris de plaisir à toutesces petites querelles, les désirs me pressèrentsi fort, que je menai Iris & Silvie dans unvallon fort agréable ; quoique l’Amour Coquetne me le conseillât pas ; les Montagnes quienvironnent ce vallon font fort hautes & plei-nes de rochers creusez, qui font des antressolitaires dans le vallon; il y a un beau Châ-teau qu’on ne voit presque pas, à cause d’unbois fort haut qui le couvre, le Soleil n’y porteguères fa lumière, & même on a peine à lesouffrir pour peu qu’il y paroisse, la nuit yrégne toujours , mais elle n’y porte point seshorreurs, & plus elle est obscure, plus elle sem-ble belle. Quoique ce lieu soit fort habité,il semble pourtant qu’il n’y ait personne , parceque les Habitans aiment fort la solitude : lasociété publique en est bannie , on se contented’étre deux ensemble ; toute autre compagniey est mal reqúe, & les tiers y font un fortméchant personnage : ce Château est le Châ-teau des Faveurs, qui font des personnes fortretirées , & qui ne se laissent voir qu’aux gensqui les pressent de se montrer, encore pas tou-jours.; elles font plusieurs sœurs toutes plusbelles les unes que les autres, & quand onles voit, c’est de plus belle en plus belle pardégrez; elles fe font souhaiter toutes par leplaisir qu’on a à voir les premières. On a tou-jours bien de la peine à les voir toutes, &souvent on n’en voit qu’une partie. II fautde l’adresse , du bonheur, & une grande ob-stination pour en obtenir une, & la dernièresur-tout donne plus de peine que toutes lesautres ensemble; mais aussi elle méne dansle Château du vrai Plaisir qui est voisin decelui des Faveurs.

Pour moi qui les voulois voir toutes deux

Tome II, N fois,