Relations. 319
va cela Fort galant au Comte 6e ** & ma foi,bien qu’en quelques choses ils soient au des.sous de nous, il y en a d’autres dans lesquel-les ils nous passent. Je vous l’ai déja dit,& je vous le répété: Par exemple, le Ducde * a dix carofles, qui le suivent, & qui neservent qu’à mener quatre-vingt ou cent va-lets de livrée : il a aimé une femme qu’il aquittée depuis peu : il lui envoya ce Billet :
J’estime tant mon cœur que f avoue que je nesaurois volts ’payer de fa perle. Pour vous enconsoler , voilà un contraíi de vente que je vousfais de ma Terra Sarrana. Vous savez qu’ellevaut cinq mille livres de rente.
Elle lui renvoya son billet, & son contratcoupez en deux avec cette réponse : J’eJlimevotre cœur encore plus que vous ne Fefiimez.Car non seulement j’avoue qu'on ne sauroit mepayer de sa perte : mak je vous ferai voir toutk rejje de ma vie , qu’on ne\nìmsauroit consoler.
On croit que cette générosité le fera revenir,& l’on juge de ce qu’il fera par tout ce qu’il afait autrefois. A l’âge de vingt-cinq ans, ilaîmoit une Courtisane. II eut quelque soup-çon , après en avoir joui deux ans, qu’elleavoit de l’amour pour un Gentilhomme deMadrid, il lui dit un matin, Voeu savez lamaison, où je vous pris dans Sevílle ; vous pou»vez vous y en retourner promptement , f? jevous envoyerai de quoi vous y conduire. Î1lui envoya huit cens pistoles, elle dit au Gen-tilhomme qui les lui porta , dites au Duc ....que j’ai aimé son mérite , U non point sa ri-chesse, quejeferois conscience de lui causer dela dépense, puisque je ne lui donnerai jamaisde plaisir. Il ne coûte pour aller à Seville quesept écus par le coche , je les prens je luirmvoye le rejìe. Voilà la clef de mes deux ca-lé) 4 " binets,