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Tome second.
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413 Lettres

ai , est extrême ; & je ne puis que je ne foistoute ma vie avec un profond respect, Ma-dame, votre très-humble & très-obligé Ser-viteur.

A MADAME * * *

J E sai bien qu’il n’y a point de faveurs si so-lides , que deux grosses Perdrix rouges :mais avec tout cela, comme l’Amour n’estqu’un enfant aussi bien que moi, j’aimeroisbien mieux avoir reçu un petit poulet de vo-tre main, j’aurois pû en faire un secret, oule montrer , & par-là contenter ma vartité ouma discrétion. Ce sont deux grands plaisirs,chacun en leur genre. Si vous en eudiez uséde la sorte , j’aurois seul joui de votre pré-sent , au lieu que mon Frère voudra mangerde vos deux animaux, & qu’il prétendra peut-étre que c’est lui qui me donne à souper, bienque ce soit moi qui lui en donne. Enfin c’enest fait, il n’y faut plus penser. Bien loinde m’en plaindre je vous en remercie, aussibien que de votre Livre. Sans mentir vousne pouviez mieux choisir, si vous aviez des-sein que je gardasse quelque chose jusqú’à mamort pour l’amour de vous. Si vous me l’eussfiez envoyé en Latin, je l’eusse lú , car il estfort spirituel : mais en François il n’est quetrès-devot , & quiconque vous a vue ne l’eítplus guères. Je vous envoyé quatre petitesbouteilles à peu près de votre taille, je vousprie de ne pas traiter mon présent comme jeferai le vôtre ; au contraire bûvez-les tout à lafois, afin qu’au moins une fois en votre vieje vous puisse ôter ce que vous m'avez ôtépour tout le reste de la mienne. Si j’avois