de Plaintes. 46;
miéres tentatives. La Dame a donné si naï-vement dans ce que j’ai commencé à lui direfur son prétendu Bel-Esprit, qu’ii ne m’eítpas possible de continuer. Ma sincérité atrop pâti, f aime mieux qu’elle ne m'aimepoint que de la rendre si sotte. Vous ditesqu’un autre n’aura pas la méme délicatessede conscience que moi, & qu’il vaut autantque je profite d’une folie où quelqu’un la feratomber tôt ou tard. Mais non , je l’avertiraibien que tous ceux qui la loueront fur le Bel-Eíprit, la tromperont, & qu’elle ne souffrepas qu’on lui tienne de pareils discours. Vousqui m’avez conseillé, vous en parliez bien àvotre aise , vous ne sauriez croire quel sup-plice c’est, que de tromper une personne quin’y apporte aucune résistance. Si elle veutse contenter d’être belle, je vais en être fou,mais je la prierai de borner là son mérite. Jeme reprocherois de lui mettre dans la tête unevision qu’elle y auroit toute fa vie, & je fuissûr que je ne l’aimerois pas, aussi long-temsque la vision dureroit. II ne feroit pas d’utthonnête homme de faire une folle pour la lais-ser là. Je n’ai pas voulu faire des Vers pourelle par un de mes Amis qui me fournit tousceux dont je puis avoir besoin dans mes pe-tites affaires; car je siii combien les Vers sontdangereux pour son mal. Enfin si elle savoitles obligations qu’elle m’a, il me semble qu’el-le devroit m’aimer passionnément. J’ai un soinextrême de la Raison qui lui reste ; je ne saisi elle la portera encore loin, mais enfin jene veux pas l’altérer le moins du monde, cepeu - là lui est d’une trop grande importance.Adieu, je sois assuré que nos derniers Neveuxauront de la peine à croire mon désintéresse-
ment.
U ; A MA,