Lettres de Consolation. 47s
A M O N S I E U R***. LeC heT.
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V Ous vous plaignez de la persécution deMonsieur votre Père, qui par les affai-res qu’il vous fait, & par les chica-nes où il vous embarrasse , vous met hors d'é-tat de vous marier de long-tems. Mais pourmoi, mon cher Cousin , je trouve que vouslui devez être fort obligé , il favorise votreamour & votre raison. Vous allez être parcet obstacle plus amoureux, & plus tendre-ment aimé , & peut-être par la longueur dutems devsondrez-vous plus raisonnable. Ouvotre passion se fortifiera, ou votre bon sensaura le loisir de renaître. Ou vous vous ma-i rierez avec plus de joie & plus de transports,ou vous ne vous marierez point du tout. Dequelque maniéré que l’affaire tourne, Mon-[ sieur votre Père vous aura rendu un bon offi-ce. Quand vous devriez vous marier, il fe-roit à propos de garder pour le plus tard qu’ilse pourroit les plaisirs du Mariage, qui nevous manqueront pas, & de faire durer ceuxque vous goûtez à présent , car vous ne les‘ recouvrerez jamais. Comme le Sacrement fi-I nit tout, il faudroit, s’ilétoit possible, ne leplacer que vers la fin de fa vie. Je ne fiai quelssouhaits je dois faire pour vous ; fi je vous en' consultois, je ne balancerois pas à souhaiter.. qu’on vous aimât toujours avec beaucoup detendresse ; mais il me semble qu’une infidélitéqu’on vous feroit, vous accommoderoit mieux.
Elle vous dégageroit de votre amour avec hon-neur. * Vous auriez auprès des Dames le méri-te d’avoir été homme a mépriser quinze mille
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