AMERICAINES. 309Monde , que ses cruels conquérants eus-sent porté la désolation dans toutes lesparties qu’ils en avoient parcourues ; ilmanquoit au malheur de ses habitants d'é-prouver un fléau qui depuis plusieurs siéclesexerce ses ravages dans toute PEurope. Lapetite-vérole se manifesta au Pérou encette année, & y fit périr un nombre in-fini de personnes. Elle n’a cessé d’y faire 'depuis, à différents intervalles, des rava-ges inexprimables, qui se sont étendus suc-cessivement à toutes les parties de ce nou-vel hémisphère, tant terres fermes qu’isles.
^-[ 1588.]^
Nous avons vu précédemment que lesAnglois établis par sir Richard Gréen-ville dans une iste de la baie de Chesca-péack, au lieu de chercher dans la culturede la terre les moyens de subsister ôc des’établir solidement en attendant de nou-veaux secours de leur métropole , avoientoisivement consumé leurs provisions : cel-les que Walter Raleigh leur envoya au boutde deux ans, à ses propres dépens , arri-vèrent trop tard ; de ces Anglois les unsavoient péri de faim & cle mifere , lesautres s’étoient dispersés. Deux tentativesqui suivirent n’eurent pas un meilleur suc-cès que les précédentes. Rebutée enfinpar les pertes qu’elle y avoit faites, la so-