318 Anecdotes
quelques huttes avec des branches d’arbreSjjqui tinrent lieu de fondement à la capi-tale de cette nouvelle acquisition.
Les naturels du pays, gens simples &cingénus, apportoient à la garnison fruits ,gibiers, poissons &des perles; & Lorsque,comme il n’est que trop ordinaire aux sol-dats de quelque nation que cc soit, lesEspagnols leur enlevoient de force cequ’ils avoient, ils s’en plaignoient aux re-ligieux , qui leur paroissoient plus doux ;ils les conjuroient de rester parmi eux,& de renvoyer les soldats , qu’ils regar-doient avec raison comme une race d’hom-mes féroces & cruels. En tout ces bonsIndiens se montroient dociles &c fort dis-posés à embrasser la foi : serviables, hu-mains , on les voyoit voler au moindreordre que leur donnoient les religieux,pour lesquels ils avoient la plus tendreaffection ; disposition dont on eût tiré leplus grand parti, si dès-lors on eût faitun établissement pour des millionnairesseulement, & qu’on lui eût fourni les se-cours nécessaires pour subsister.
Le général Viscaïno ne tarda pas à s’ap-percevoir que le pays n’étoit pas assez fer-tile pour répondre aux besoins d’une stgrande quantité d’hommes. En consé-quence de quoi il se mit en devoir d’exé-cuter ce que sa commifíion avoit de plus