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Cependant les navigateurs , fous les aus-pices de cette compagnie , continuoienttoujours de visiter ces côtes, attires par lesprofits que leur oflsroient la pêche abon-dante qu’on y faisoit, 8c le commerce despelleteries, mais fans que les concession-naires en 'eussent plus d’empressement àsuivre les projets d’établissement pourlesquels ils s’étoient associés ; 8t les cho-ses resterent clans cet état jufqu’en 1614,que quatre particuliers armèrent deux vais-seaux pour aller faire la troque avec lesSauvages de l’Amérique , fans avoir devues fur un lieu plutôt que fur un autre.
D’un autre côté la compagnie de Lon-dres arma aussi, 8c les navires vinrentaborder au pays qu’on appelle la Virginieméridionale. J ames-Town fut le premierétablissement qu’elle y fit ; mais un hasardmalheureux ayant fait découvrir près dece lieu un ruisseau d’eau douce , qui en-traînoit quelques particules d’un talc bril-lant dans le fond d’un eau très-limpide,trompa les habitants qui prirent cette pous-sière méprisable pour de l’argent. L’illu-sion alla au point qu’on chargea de cettemisérable denrée deux vaisseaux qu’onfaifoit repasser, 8c où à peine il se trouvaplace pour quelques fourrures. Les co-lons, au lieu de défricher les terres qui ren-fermoient les vrais trésors, fe livrerent en-
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