Anecdotes'
nemi exercé, & qui tiroitun avantage im-mense de la supériorité de ses armes, détrui-sirent leurs plantations & leurs carbets,&seretireront partie à la grande Terre, partiedans les iíles voisines non encore occupéespar les Européens : mais ils ne perdirentpoint de vue le projet d’exterminer leurs op-presseurs, toutes les fois que les circonstan-ces leur donneroient fur eux quelque supé-riorité ; & ils se conduisirent à peu prèscomme les -Caraïbes de la Martinique seconduisoient avec la colonie de Denain-buc. Les plus furieux d’entr’eux repas-sòient secrettement de la grande Terre dansla Guadeloupe ; ils s’y cachoient dans lesrochers les forêts épaisses dont ce paysétoit couvert ; de leur retraite ils épioientleurs ennemis & les perçoient de leursfléchés empoisonnées, ou assommoient àcoups de massue tous les François qui s’é-cartcient, soit pour la pêche ou pour lachasse : la nuit ils les surprenoient dansleurs cases mal défendues, les y brûloient,& ravageoient leurs plantations.
Une famine horrible fut la fuite de cegenre de guerre. Les colons , abandonnésde toutes parts, se virent réduits à brou-ter l’herbe , & à exhumer les cadavres deleurs camarades pour assouvir la faim quiles dévoroit. Plusieurs d’entr’eux quiavoiçnt été captifs, dans lçs Etats Barba»