AMERICAINES. 447qui croît faire le bien de fes commettantsen vendant beaucoup & fort cher, livrè-rent en quelque forte eux-mêmes la co-lonie aux Portugais , en leur vendant desfusils & de la poudre , & n’envifagerentque le profit immense que la compagniepouvoir faire par ce commerce, fans pré-voir que ce bénéfice momentané pour-roit leur faire perdre le Brésil, comme ille fit en effet. Ils firent pis encore enpermettant à tous les soldats qui paru-rent le deíirer, de retourner dans leur pa-trie. Auísi les Portugais ne virent-ils pas plu-tôt le pays dégarni de forces, qu’ils son-gèrent à fe ressaisir d’une possession si im-portante , & qui n’avoit plus les moyensde fe défendre.
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Don Antonio Tellès de Sylva , vice-roi de la partie du Brésil qui restoit auxPortugais, profitant de la sécurité des di-recteurs de la compagnie Hollandoife, fitsonder secrètement les dispositions deshabitants de la partie qu’occupoient lesHollandois. Ceux-ci fatigués , du joug deces nouveaux républicains, ne desiroientque de trouver l’occasion de le secouer,& promirent de seconder de tout leur pou-voir les efforts que feroit le Portugal pourles en délivrer ; d’autant que la tyrannie