AMERICAINES. 46)haches, quelques couteaux & un peu d’eau-de-vie aux chefs des Caraïbes; &, bien-tôt après leur établissement , ils prirentavec ces Sauvages le ton de souverains.Ceux-ci, ne pouvant fe venger à force ou-verte des usurpateurs de leur pays, prirentle parti de dissimuler, & de massacrertout ce qu’ils trouveroient de leurs enne-mis à l’écart 6>c fans défense. Les trou-pes qu’on envoya dans cette iíle pour ar-rêter ces massacres & pour protéger la co-lonie naissante , ne trouvèrent pas de partiplus sur que de détruire les naturels dupays : après en avoir exterminé un grandnombre, ils investirent ce qui en restoitfur une roche escarpée où ils s’étoient ré-fugiés. Ces malheureux aimèrent mieux feprécipiter de ce rocher, que de tomberau pouvoir de leurs ennemis; & les Fran-çois , toujours légers dans leur conduite
dans leurs propos, appellerent ce rocescarpé le Mont des Sauteurs , nom qu’ila conservé depuis.
Les Caraïbes furent bientôt vengés parun François même, nommé au gouver-nement de cette colonie. Cet hommeavide , violent &c inflexible, traita les co-lons à peu près comme un vainqueur trai—teroit un peuple révolté qu’il auroit or-dre de châtier rigoureusement. Une grandepartie des colons, révoltés de fa tyrannie,