AMERICAINES. 5J9■íe droit qu’ils prétendoient avoir à la pro-priété de la baie de Hudson 1k des paysadjacents, comme faisant, selon eux, par-tie du Canada, dont cette baie n’est pasbien éloignée. En effet, de la rive septen-trionale du fleuve Saint-Laurent, aux cô-tes les plus méridionales de la baie deHudson, la distance est au plus de centcinquante lieues communes de France ;ce qui n’est pas compté, dans cet immensecontinent, pour un grand éloignement ; Ôcdans l’intervalle qu’il y a de ce fleuve à labaie de Hudson, on rencontre la riviereSainte-Marguerite, qui se décharge dansle fleuve Saint-Laurent, ôc la riviere Ro-bert , qui a son embouchure dans la baiede Hudson ; de sorte que de l’une à l’autreriviere il n’y a qu’un passage de cent cin-quante milles anglois.
Les négociants de Québec, voyant lessuites de la faute qu’ils avoient faite, ennégligeant les projets de Des Grofeillers&: Radisson, s’intriguerent pour les déta-cher du parti des Anglois, & y réussirent ;& , après les avoir regagnés, ils les enga-gèrent à se charger du commandement dedeux navires, pour former, au nom du roide France, des établissements fur les côtesde la baie. 11s efpéroient pouvoir, par cemoyen, se mettre en état d’écarter desconcurrents qui, par leur position, inter-