6o4 Anïcdotes
suffisent pour expliquer ce phénomène àtout ce qui est un peu physicien.
Le ciel y est pur, ainsi que l’air. II ypleut rarement, sauf par des orages,qui sontrares eux-mêmes ; mais des rosées abon-dantes suppléent au défaut des pluies. Lesfemmes y sont naturellement d’une figureagréable. Les hommes y sont sains &. ro-bustes , & il est rare d’y voir des vieillardsinfirmes. Depuis qu’on y a tenté le sol,on s’est convaincu qu’il étoit susceptiblede toute espece de culture. Sauf les boisde couleur, qu’on ne trouve qu’entre lestropiques , on ne voir nulle part de plusbeaux arbres que dans ce pays, où les fruitssauvages sont agréables , où les oiseaux detoute espece & les bêtes fauves sont ennombre infini. La belle rivieredeMissiffipi,qui coupe ce pays par le milieu du nord.au sud, arrive fans obstacle àl’Océan, aprèsavoir été grossie de celle des Illinois , duMissouri & de l’Ouabache, & par une in-finité d’autres moins considérables. La na-vigation de cette riviere est dangereuse parles bois qu’elle charie, & l’entrée en estdifficile à cause de la multiplicité des em-bouchures, ôcqui changent fréquemment.Ces obstacles franchis , on navigue assezfacilement l’efpace de dix à douze lieues;ensuite on entre dans une forêt épaissequi borde les deux rives, où il faut se