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ment grands hommes ; parce qu’en venant au monde ils y apportent lesprincipes de grandeur,dont ils ne font obligés qu’à eux mefmes.L’cxtractionnoble est un singulier ornement à l’Ambassade, la force du genie&l’excel-•lence du naturel font incomparablement plus necestaires à l'Ambassadeur;mais ny la naissance,en quelque sens qu’on la prenne, ny l’estude ne peuventpas former un Ambassadeur accomply fans l’expericnce, qui acheve ce queles autres qualités ne fontqu’ébaucher. Tellement que cet employ ne pou-vant feurement estre confié qu’à des personnes,que les années ont meuries,je diray icy un mot de l’age de i’Ambassadeur.
La République de -Rome avoit fes Loix pour l’age des Magistrats,La pluspart des Royaumes en ont encore pour ceux qui font appelles aux•charges de Judicature, & à Venise on n'a van ce aux plus importants em-plois de l’Estat que des Sénateurs qui ont passé par les petits & qui ontdonné des preuves de leur Zcle & de leur habilité pendant une longuesuitte d’années. De forte que bien qu’il n’y ait point de règles dans la poli-tique, ny d’exemples dans l’histoire,fur lesquels on puisse fonder une ma-xime certaine touchant l’age de l’Ambassadeur , on peut dire pourtant,que ce n’est que dans un âge meut & avancé qu’on doit estre employé ài’Ambassadc, comme à une fonction tresdîfficile, tant à i’égard du Souve-rain qu’il sert, que de la Cour où il negotie. Le vieux bergers se trom-pent rarement au jugement, qu’ils font dés le matin du temps qu’il fera,1e veste du jour. II est vray, que.la prudence, qui doit estre le Nort de tou-tes les actions de l’Ambassadeur-, n’est pas tousjours particulière à un-cer-tain âge, Le jugement, & le scias commun qui le forme, font souvent dansun jeune homme de vingt cinq ou de trente ans ce que bien souvent l’ex-perience d’une longue vie ne fçnuroit produire en un barbon de quatre-vingts. II y a des climats, où les esprits meuristènt & fe consommentbien plustost que dans les autres, & il y a des constitutions de corps,oùles humeurs font mêlées avec une fi grande justesse,qu’ellcs font un tem-pérament admirable, dont les effets se produisent dans.la premiere jeunes-se,& laissent de beaux restes dans une vieillesse décrépite. On dit commu-nément,que lcsFlorcntins font plus fins & ont plus d’efprit que IcsVenitiens,& que ceuxcy ont plus de jugemcnt&qu’ils font plus solides que les Flo-rentins,& on en cherche la cause dans la .subtilité & dans grossièreté de l’airde l’un & de l’autre pais. II est certain qu’à Venise le jugement fe formeplustost qu’ailleurs,&que d’ordinaire on y est plus fige à trente ans qu’aii-letirs à cinquante : mais il n’est pas nécessaire d’en chercher la cause dansuns raisonnement de Physique, puis que l'on en trouveune fi evidente1. Part. dans