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Premiere partie.
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ses Fonctions. Liv. ï. 14s

dëgenerent souvent en tromperies &cn trahisons: dont on n’a que tropd’exemples.

I.es Rois Catholiques Ferdinand & Isabelle se servoient de Religieuxen presque toutes leurs affaires. Ils avoient une dévotion tresintereslée,qui tenoit bien fort de la bigotterie , pour faire valoir leur fausse pieté.•Ils n’avoient que des moines à leur suittc,& dans les intrigues ,qu’ils fai-foient dans toutes les Cours des Princes voisins. Frere Jean de Mauleonnegotioit continuellement auprès de Charles VIII. & en obtint enfin la re-stitution du Comté dc Rouffilíon. Des religieux du Mont f errât y furentemployés dprés la révolution des affaires de Naples: St ce fut fean d'En-'guera, Moine dc l’Ordre de St.Bernard,&Inquisiteur de Catalogne, qui fitles premières propositions du mariage de Germaine de Foix, nièce de LouisXll. avec Ferdinand, & il ne partit point de la Cour de France,qu’il n'eufìconclu le uwiage de cette Princesse,& une alliance avec lé Roy. Les Prélatsfaifoient l’ornement de toutes ses Ambassades,& les Religieux le fort detoutes ses negotiations,particulièrement lors qu’il avoir envie de tromper:ce qui ne Iuy estoit pas fort extraordinaire. Je n'en dirois pas davan-tage, n’estoit qu’un certain Remarquent de Bruxelles, auteur du Traittéturteux touchant íenlevement au Prince G. de Furfiemberg , se trouvantfort scandalise de ce que j’ay dit ailleurs de l’infidelité dc Ferdinand ie Ca-tholique,entreprend de justifier sa mémoire; de forte que jc ne puis me dis-penser d’y adjouster,qu’il n*y a point d’histoire de ce temps là,qui n’en par-le que comme du plus perfide de tous les Princes. Celle d’Espagne, au lieude le justifier,1’cxcuse sur la nécessité, où il se trouvoit réduit,par l’infidc-lité des Princes,à qui il avoir à faire , de prévenir par ses trahisons cellesqu’on luy vouloir faire. Hier.Zsurita, qui semble n’avoir composé son hi-stoire, c’est à dire les deux derniers Tomes de son ouvrage, que pour lafaire servir de panegirique à Ferdinand, ne peut s’cmpeíchcr d’cn parleren ces termes. Non seulement les efiranger t,mais aujfj ceux du pais l’ontfortblâmé de n'avoir pomt gardé la parole &lafoy qu’tl a von donnée,Crqu't/pre-feroit tous jour s la considération de son interefl particulier a ce qut efloit jufie(gr ho/wefte; veu que le véritable fondement de la Juflice conffie en la con-fiance (sren ta fermeté des paroles,çjr principalement en celle des œuvres Celuyqui viole lafoy détruit tout le bien universel des hommes. Zurita' pour l’ex-cuser, ne le niepoint,mais il dit,qu’il n’est pas juste de charger un seul Prin-ce d’unc faute,dont tousles Princesestoient eoulpables. Ce n’est pas monintention dc justifier les autres Princes. Il n’y a rien qui m’y oblige: mais ily a dequoy s’estonner de ce que les histoires du temps ne parlent point de/. Part. T ceuxcv.