SES FoNtTIONS. LlV. I. 111
qui rcndoît f Ambassadeur désagréable, & qui le fit renvoyer avec une inci-vilité, qui néferoit point demeurée fans ressentiment, fans les guerres civi-les de France, qui empefeherent alors les armements, qui ont depuis faittant de mal dans la Mer Méditerranée.
Quand les affaires, que l'Ambaíïàdeur a à negotier, font odieuses, fipersonne ne peut pas estre agréable. Le Pape Bonifiée VIII. voulant enl an 1296. ramener les Siciliens à l'obeissance de Charles d’Anjou, envoyadans l’Isle l’Evesqtte d'ZJrgel gr Bomface de Calam&ndrana , Maistre del’Ordre de St. Jean de Jérusalem, accompagnés de f Archidiacre de l'Eglised’ZJrgel, & de fean Perez, de Navales, Ambassadeurs de Jaques II. Royd’Aragon , qui les dévoient exhorter de faire leur paix avec Charles.Mais les Ambassadeurs du St. Pers estant entrés dans le port de Messine,©n ne leur voulut pas permettre de.descendre à terre, ny d’entrer dans laville:, pour y prendre l’atidiance qu’ils avoient demandée. Les Seigneurs -Siciliens leur tirent dire, par un gentilhomme nommé Pierre d’Anse, queles Estats du Royaume avoient résolu de ne reconnoistrc pour leur Royque le Prince Don Frédéric, frété du Roy d’Aragon. Ce gentilhomme,mettant la main fur la garde de son efpée, adjousta à ion discours, que ceseroit elle qui leur donneroit la paix, & qu’ils n’en vouloient pas estre o-bligés au parchemin & à la cire, dont les Ambassadeurs estoient chargés..Qusils eussent à sortir de l’isle, ou qu ils se préparassent à mourir présente-ment. Ils furent contraints de se retirer ; de peur de commettre leurspersonnes dans un lieu, où on n’auroit pas beaucoup respecté le Droit desGens , qui ne fe fait pas fort considérer dans les désordres des guerres civi-les- Les Siciliens violoient, non en refusant d’admettrc les Ambassadeurs,maïs en les menaçant de les faire mourir.
L’Electeur de Brandebourg, qui n’estoit pas entré lans répugnancedans les interests du défunt Roy de Suède > Charles de Gustave, en sortitbientost, dés que la Pologne, revenue de son premier estonnement, trouvale moyen de le faire changer de party, en lu y promettant la Souverainetéde la Prusse Ducale. II prit party ; mais devant que de fe déclarer, íeRoy & le Sénat de Pologne trouvèrent bon , qu’il sist quelque ouvertured’accommodement au Roy de Suede,paur tafeher de le disposer à la paix.Il luy envoya pour cet effet en l an 1658. Oltonde 'Baron Snerin, son pre-mier Ministre , & Daniel Weiman, Chancelier de Cteves, qui estant ar-rivés à Kiel le 13. May, y furent visités par íe Prince Palatin de Sultsbach& par 1 c Comte de Slippenbach, qui s’y, estoient rendus exprès, le pre-mier d.c Gottorp , & l’autrc de îismar , & au bout de quelques jours,
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