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Premiere partie.
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310 V AmBASSADE.UR ET

effet ils y arrivèrent presque au meíme moment., L’Arnbassadeur íortítde la Chambre de la poupe pour les recevoir., les fit entrer les premiers,& leur fit prendre la place d’honneur. Le canon de la ville,.des .vaisseaux&des galères, qui estaient dans le port, le saluèrent lors qu’ii y entra, & enmettant pied à terre on luy prefenta une littiere, qui le porta au palais, quele Sénat avoir fait meubler pour luy. Le lendemain deux Sénateurs, vestusde robbesde damas, & accompagnés de plus de deux cens gentilshommes,luy firent compliment de la part de la République. Il lesreceut au bas del’el'calier, leur céda la main, les traitta d’Exceìlcnce, & en les conduisant, illes accompagna jusques à la porte de Ja rue. 11 y en a qui pourroient,trouver estrange, que les Sénateurs se fissent céder le rang dans une galèrequi appartenoit à la République: mais c’est en quoy ils faifoient d’autantplus d’honneur à l’Ambassadeur ; parcc qu'ils le consideroient comme leMaistrc de la galere.

Les Souverains, qui vont eux meíìnes audevant des Ambassadeurs,comme l’Empereur Maximilian I. fit à Wolíéy, ent font trop; parce qu’iln’y en.a point qui prétendent, qu’on fasse cet honneur à leurs Ministres.L’exemple de Louis Sforce ne peut estre tiré à conséquence, non plus queceluy du Duc de Lorraine , qui alla audevant du Duc d’Èngouléme, duComte de Bcthune & de M. de Préaux, Ambafiàdeurs des Loíiis XIII. quiavoient aussy des lettres de creancc pour luy. Il les receut hors de la villedcNancy, & les conduisit jusques au lieu, où il les avoit receus lors qu'ilspartirent. Ce n’est pas fur l’exemple dc ces Princes qu’on réglé les civilités.

En Hollande, où les autres civilités ne font pas fort réglées, cellesde l’entrée des Ambafiadeurs le font en quelque façon. Ceux dei’Empe-reur, de France, d’Eípagne & d’Angleterre en arrivant dans le pais, peu-vent passer par Rotterdam , & ceux qui viennent de la part des Rois duNort peuvent, fans s’inçommoder.fe rendre à Délit, & estant là, ils en don-nent advis aux Estats, par le moyen dc celuy qui est Président de semaine,& font concerter le jour de leur entrée & leur réception. Les Estais on»un officier, auquel ils donnent la qualité de Maistrc d’hostel, qui n’a quecette feule fonction , d’aller à Rotterdam ou à Délit, si l’Ambassadeury est, dc payer la dépense dc son dernier repas, & de le conduire, avccdes bateaux , jusques à une petite dcmylieue de la Haye , où il fait arri-veiç i'Ambassadeur au inefme temps que deux Députés des Esta» y arrivenfiavec un cortege d’une trentaine dêcarosses , à six, quatre & à deux che-vaux. L’Ambassadeur & les deux Députés, aptes les premiers compli-ments, entrent dans le carosse de l’Estat, dont pourtant les chevaux font àdes particuliers & empruntés, &lc conduisent dans une maison, qu’on loue