ses Ponctions. Liv. T. 331
qifil iroit cn personne audevant des Ambaflàdeurs. Schach tsíhas, pourleur faire plus d’honneur, ou pour faire plus d’ostentationde fa grandeur,avoir fait un voile de soixante mille hommes décompte fait, dont il s’estoitfait donner les noms, & il leur avoir fait distribuer des armes à feu, bienque ce ne fuflent la pluspart que des artisans , habitants d’Ispahan&de 3 villages voisins. Tous ces gens s’estoient rendus de fort grandmatin auAfaidan, qui est leur marche, tres bien vestus, & rangés en plu-sieurs compagnies & bataillons, lotis leurs drapeaux, commandés par leursCapitaines & par d’autres officiers, qui avoientleurs tambours, timbales,flûtes & autres instruments de musique. Le Roy fit faire de ces soixan-te mille hommes deux files ou hayes egales, qui s’estendoient depuis la por-te du Palais jusques au quartier, où les Ambassadeurs avoient logé la nuitprecedente, & estoit à douze milles d’Ispahan, laiflànt entre les deux ha-yes un paflàge ailes large pour la cavalcade des Ambassadeurs. Tous cesinstruments de musique, qui estoient en tresgrande quantité, faifoient ce-pendant un bruit, qui auroit empefché d’oùir le tonnerre, & de vingt envingt pas on voyoit des hommes qui sortoient de leur rang pour danser,& pour faire une eípcce de ballet , dont ils se diyertisoientbìen autantpour le moins que les lpcctateurs. Avec cela il y avoit en plusieursendroits le long du Mat dan , & dans les rues, plusieurs jeunes hommesfort bien faits, & tresproprement vestus, qui avec des flacons & des tas-ses d’or , versoient du vin & de l’eau à la glace à ceux qui en demandoient.Le Roy envoya jusques au village, où les Ambaflàdeurs estoient logés,tout ce qu’il y avoit de Seigneurs à la Cour. Ils estoient tous parfaite-ment bien montés, & superbement vestus ; de sorte qu’on n’y voyoit quede tresriches estostes, de selles & des mords de leurs chevaux d’or& d’ar-gent massif, & chargés de pierreries, aussy bien que leurs bonnets , & lesaigrettes trespretieufes. Et bien que cela ne fist pas l’effet que ces riches-ses pouvoient produire, parce que ces Seigneurs ne faifoient que se pro-mener par la ville pour se faire voir, on ne laiífoit pas de découvrir danscette confusion une bizarrerie fort agréable. Le Schach voulut, que lesJuifs & les Gaures, qui font encore profession de la religion des anciensPerses, y allassent aufly en procession feparemment ; mais les Chrcstiensdu fauxbourg de T z, n Isa , qui avoient fourny sept cens hommes, se mesle-rént avec les autres Persans. En fin le Roy, pour faire plus d’honneuraux Ambassadeurs, fit monter à cheval vingt 011 vingteinq des plus bellescourtisanes de le ville, fort richement vestues, & ayant le visage découvert,qui est la marque qúi les distingue d’aveeleshonnestes femmes. L’stmbas-fadear Indoflhan, qui estoient le premier, & qui croyoit, que le Schach le
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