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Premiere partie.
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M l.' Ambassadeur et

Les officiers d u Roy le traitterent encore à Chaalon. Il y aura occasion,de dire encore quelque chose du Duc deParmecyaprés.

Bien que ce qui se fait hors de l’Europe ne fasse pas tous jours exemple»-on ne laisse pas d’y trouver dequoy s’instruire, ou dequoy se divertir; c’estpourquoy je feray icy l’histoire d une audiance, sinon folemnelle, du moinsfort extraordinaire , qu’un Ambassadeur a prise dans un des quartiers dumonde les plus éloignés de n ostré Climat, En J’annS’j. c’est à dire pres-que au mefine temps que Garcia de Figueroa fit son Ambassade de Perse,Francisée de Gaina, Comte de Vidiguicíra, Viceroy des Indes Orientales,envoya Donjean Fernande: Le:tao, cn qualité d Ambassadeur, à FeniïapÀT^ajeka, Roy chine partie du pais que ies Portugais appellent Ttsnagà.On ne luy fit point de civilité du tout lors qu’il arriva à fekeri , ville Ca-pitale de ce prétendu Royaume , & on ne luy fit pas le moindre compli-ment ; sinon que le lendemain on luy apporta quelques rassraichiále-ments de fort peu,de valeur, comme de quelques cannes à seiccre, dufruit, dusuccre, & dautres bagatelles, & on luy dit, que l&lendetnain onle viendroit prendre, pour le conduire à l’audiance. Les Indiens antici-pèrent l'heure qu’ìls luy avoient donnée ; de forte que l’Ambaíîàdeurn'avoir pas encore achevé de disner, lors qu’on luy vint dire, que quel-ques Seigneurs Indiens /’attendaient dans la rue, pour le conduire à l’au-diance. Il les envoya prier, de n’estre pas trop civils, & de luy donner ieloisir de disner & de s’habilíer, parce qu en ces pais chauds on se met à sonaise pendant les plus grandes chaleurs du jour. Les Indiens, aprés avoirattendu quelque temps à la parte , entrerent dans le logis , où on les fitattendre encore dans le vestibule, jusques à ce que l’Ambassadeur & sesgens fussent en estât de les recevoir. L’un de ces Seigneurs Indiens avoiresté Ambassadeur auprès du Viceroy de Goa de la part de Fenttapà, & enestoit revenu avec l’Ambaíïàdeur Portugais , & l’autre avoir esté Generalde son armée. Le dernier, qui y avoir amené son fils , fit présent auPortugais d’une de ces pieces de toile fine peinte , qui est trcscommune•en ces quartiers là, & l’Ambasîàdeur reconnut son présent d’un autre, dequelques aulnes de drap. Pendant que ce petit commerce se faisoit,une femme publique leur donnoit le divertissement de la danse. Lacompagnie estant montée à cheval, on commença à défiler en cet ordre.Premicrement marchoient deux hommes, conduiíâns autant de chevauxde main , dont l’un appartenoit à l’Ambassadeur, & l’autre estoit un pré-sent que le Viceroy envoyoit à FenElapà, & aprés eux suivoient quelquesIndiens, dont "les uns estoient armés des mousquets & les autres deilevaypiques ; les uns a pied & ies autres à cheval, accompagnés de leur

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