Band 
Premiere partie.
JPEG-Download
 

ses Fonctions Liv/í. 357

parle en ses audíances d’une voix intelligible, mais balle. If est vray quecela ne fe peut pas bien faire dans les Républiques, où les audíances se don-nent en des assemblées composées de plusieurs personnes, & neantmoinsen ces occasions là mefmes il en faut user avec discrétion, & parler au Do-ge, ou au Président plustost qu’à toute la compagnie. 11 ne doit pas auflyraire des discours long», tuants & inutiles. C’est une incivilité, quand onabuse de la patience d’un particulier & d’un amy ; mais c’est une impru-dence qui ne se peut pardonner , que d’irriter celle d’un Prince. On nese peut rien figurer de plus impertinent, que le Docteur, qui ayant ordrede seconder la negotiation , que le fils puîné du Duc de Meklenbourgdevoir faire en Suede, fit à la Reine Christine une harange latine de deuxheures, s’estendant fur des lieux communs, & rebattant à tous momentsfur la politique des Italiens > opposée aux réglés du Christianisme, en cequ’elle préféré l’utile à l’honneste. C’estoit bien tenter la discrétiond’une Princesse, qui ne pouvoit souffrir les pédants ny la pédanterie, de-puis qu’elle en eust reconnu le foible. Ceux qui la connoissent, fçavcntque ce n’est pas un esprit à lieux communs. On dit qu’Alfonfe le Magna-nime, Roy d’Aragon & de Naples, prit tant 1c plaisir à oiiir 'fanas Maneti yAmbassadeur de Florence , que dans l'on attention il ne sentit point unemouche, qui se mit sur son nés au commencement, & qui y demeura jus-ques à la fin de la harange. Onpourroit dire, que peutestre elle nefitt pasbien longue, qj^is on peut dire aufly, que tous les Rois ne font point desAlfonfès, ny tous les Ambassadeurs des Adaneti.

J’ay dit en la Section 10 . qu’à la premicre audiance, qui Rouis XIII.donna au Cardinal Barberin , Légat d’SJrbain VIII. il luy fit donner unechaise à bras, & j’ay parlé ailleurs des Rois de Castille & de Pologne, quient fait .asseoir des Ambassadeurs; mais il y à longtemps que cela ne sefaitplus en Efpagne,ny dans les autres Cours, où les cérémonies font réglées.Le Pape fait encore asseoir les Ambassadeurs des Couronnes mais par toutailleurs le Prince qui donne l’audiance » se tient de bout, aufly bien que{'Ambassadeur qui la prend.

Ces civilités estant dont presque égales chez toits les Princes, il fautvoir ce qui se pratique dans les deux Républiques, où les Princes ont leursAmbassadeurs. A Femfe ils -prennent leurs audíances dans le Callege &í ilsy sont conduits parles mesines Sénateurs, qui luy ont fait honneur à son en-trée. Le College est composé de la‘Seigneurie, c’est à dire du Doge &deses six Conseillers; de trois Députés de la Quarantie criminelle: de six SagesGrands, de cinq Sages de Terre Ferme,'&decinqSages des Ordres; faisanten tout vingt six personnes. Dés que l’Ambassadeur met le pied dans la

Yy j Salle,