z6r l*Ambassadeur et
drans, ou manteaux de pluye, prirent le droit chemin du Serrait, Apresqu’on eust traversé la premiere Cour, qui est fort grande, & où on vo-yoit un trcsgrand nombre de Spahis , qui estoient à cheval, & faisoienthaye des deuxcostés, on mit pied à terre à la porte de la deuxième Cour,où personne n’entre à cheval, sinon le Grand Seigneur seul. Ce fut làque les Ambassadeurs quittèrent leurs manteaux de pluye, pour faire pa-roistre leurs vestes & les beaux habits de leurs gens. En cette deuxièmeCour il y a deux allées de cyprès, dont l’une conduit depuis la porte dela deuxième Cour jusques à la porte, par laquelle ou entre dans ce qui estvéritablement le Serrai! » ou le palais du Sultan , & l’autre conduit à la por-te du Divan, c'est à dire aulieu ouïes Sachas Tiz.irs s’aísemblementpourles affaires de l’Estat ; cc mot de Divan signifiant le Conseil auíïy bien quele lieu où il s’asscmble. Quatre mille janissaires , rangés en bataille,estoient fous une galerie à costé droit de la porte du Divan , & obser-voient un si profond silence, qu’on y auroit oui courir une souris, & ilsdemeuraient aufly immobiles que des statues. On voyoit de l’autre costéplusieurs Chiaux , dans le mesine respect & dans le mesine silence le re-ste de la Cour estant tellement vuide, que l’on n’y appercevoit pas une soû-le personne. Les deux Ambassadeurs & leur suitte, paísorent au milieude ces Chiaux & de ces janissaires , & forent receus par le Chiaux-Bachià la porte du Divan, où les Vizirs estoient assemblés. Le Chiaux-Bachiestoit accompagné de quelques autres officiers, qui avoient tous le bastond’argent à la main, & il fit entrer les Ambassadeurs dans une galerie, quisert de vestibule au Divan. Le Divan mesine n’est qu’un bastiment fortmédiocre, n’ayant ny tapisserie ny autre ameublement.Le Bachà,oi\ Pacha,c’est ainsy qu’on appelle par excellence le Cjrand ou Premier f'tzir, estoitassis sur un banc vis à vis de la porte, au dessous d une petite jalousie, parlaquelle le Sultan , peut voir & oiíir tout ce qui so fait au Divan . Sur lemesme banc, & àla main droite du Premier Vizir estoient assis les autresBachàs, & à íà gauche, mais dans quelque distance , les deux Cadalts-qttiers, ou Juges de Romelie & de Naiolte, c’est à dire , d’Europe & d’Asie.Au bout de la table qui estoit devant eux, estoient assis les deux Tefter-das , ou Surintendants des finances, & derrière eux, fur un banc séparé,plusieurs Greffiers ou Secrctaircs, qui avoient tous íajplume à la main»prests d’eserire ce qu’on leur commanderait, & du coste droit, à l’oppo-sice des Tester das, estoit assis le Nasciiwgi, ou Chancelier, qui signe lesordonnances du Divan & les volontés ctfcSultan. Pas un des Bachàsne se leva lors quç les Ambassadeurs entrerent, & eux de leur costé netouchèrent pas seulement à leur bonnet, non plus que ceux de leur suitte
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