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Premiere partie.
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ses Fonctions. Liv. I. ;6y

Jlduflafa commença à faire ses révérences en entrant dans la galerie, & necessa point d’en faire, jusqu’a ce qu’il eust présenté fes lettres de creance ,fans que le Roy touchait seulement à son chapeau. Le Roy, quisçait bienfaire ce qu’il est en effet, le fit parfaitement bien en cette audiance.Mais Lionne, qui n’estoit qu un des quatre petits Secretaires, à ce qu’il di-foit, ne devoit pas faire le VtzJr s 4 z.em. Le Premier Ministre de la Porte,qui a une autorité, fans comparaison plus absolue que celuy de France, araison de traitter les Ambassadeurs des Princes estrangers avec hauteur, puis-que les Cardinaux le font bien : Mais Lionne, que n’estoit ny Cardinal nypremier Ministre, jouoit un assis melchant personnage en cette comediç.Il y a apparence qu’elle estoit de fa façon, & qu’elle tenoit de la Turque.

II y a quelque chose de plus fort dans {"exemple suivant. Auíïy l’unn’estoit que façon, & l’autre estoit véritable Turquie. Il est vray, que lesTurcs traittent les Ministres Publics d’une maniéré si offensante, qu’on neparle pas bien proprement, quand on dit, qu’ils font civilité aux Ambas-sadeurs. Au mois de May 1677. l’Ambaffadeur de France s’estant renduchez le ‘Premier Vtz.ir, suivant ^assignation qu’on luy avoit donnée, on lefit passer dans la Chambre du Secretaire, où on le fit attendre trois heu-res, devant qu’on le sist entrer dans la Salle , où il devoit avoir audiance,où on l’amufa encore une bonne heure. On y avoit posé sur un estradeélevé d'un pied & demy, une chaise de velours, cn broderie d’or & d’ar-gent, pour le Premier Viz.tr, & au pied de P estrade un tabouret de velourspour íAmbassadeur. Dans le chagrin , que l’Ambassadeur avoit, de fe

voir traitter avec tant de hauteur & d’inégalité, il commanda à son truche-ment de mettre le tabouret fur l’estrade, à costé de la chaise du Vtz.tr. Undes Cbiaux luy dit, que ce n’estoit pas là place, & que l’estrade estoit ré-servé pour le Vtz.ir ce qui mit l’Amfoasíàdeur tellement en colere, qu’ilprit luy mesme le tabouret, le mit sur l’estrade, & s’assit dessus. Le Pre-mier Vtz.tr , cn ayant esté adverty, luy fit dire, que ses prétentions estoientmal fondées, & que les Ambassadeurs ne sc mettoient jamais fur l’estrade:& fur ce que l’Ambassadeur s’opiniastra , il commanda qu’on le fist sortirde là, de gré ou de force. Le Chiaux Bafibi estant rentré dans la Salleavec cet ordre, dit à l’Ambassadeur, avec une mine ficre & dédaigneuse,qu’il eust à s’oster de là ; & par ce que l’Ambassadeur ne s’en pressa pas

trop, il commanda à quelques uns de fes gens de tirer le tabouret de dessousluy. Ce qui fut exécuté si brusquement, que tout ce que l’Ambassadeurput faire, ce fut de sc lever devant qu’on le fist tomber. II sc retira, endisant,- que puis qu’on le traittoitavcc tant d’incivilité, il n’avoit que faire

delau-