ses Fonctions. Liv. I. z8r
duire jusques au carossc , mais ayant rencontré le Duc de Nemours fur lamontée,le Prévost des Marchands le pria de les quitter,pour faire compa-gnie à ce Duc: comme ilfitaprés plusieurs paroles fort obligeantes,&aprésavoir prié les Lords de Carlisle & Rich de conduire Messieurs de la villejusques au caroífe.
On trouve estrange,que le Roy d’Efpagne , qui fit de si grands hon-neurs au Prince de Galles,lors de ion voyage de Madrid,ne le fit pas une feu-le fois disner à fa table. C’est un honneur que le Roy d’Efpagne ne fait àpersonne. Les autres Rois,qui avoientlacoustume de le faire aux Ambassa-deurs,l’ont abolie chez eux petit à petit. En France & en Angleterre on ne lefait plusqu’aux folemnités d’un mariage, ou d’un serment pour l’observa-tion des traittés : & comme ces ferments ne se font plus, parce que la ra-tification y supplée,ces festins ne fe font plus ausiy.. Il est inutile de repé-rer icy ce qui a esté dit furcefujetdans les Mémoires ; puis que dans leNortmefmes on imite cn cela , & en plusieurs autres choses,ce qui íe pratiquedans les autres Royaumes. Jen’ay remarqué jusques icy, que le seul exem-ple du Cardinal Caraffe,néveu de Paul IV. que Philippe II. fit disner avec luyà Bruxelles.
On loge ausiy lès Ambasladeur Extraordinaires jusques au jour deIfcur audiance , & en la pluspart des Royaumes il y a des hostels exprèspour cela. Autrefois les Estais des Provinces Unies logeoient mefmesles Ambassadeurs & lesResidents ordinaires des Testes Couronnées , &l’Ambassadeur de France a eu son hostel affecté à la Haye , jusques en l’an1648. En ce temps là la Tuillerie estant Ambaslàdeur en Hollande, enpartit assés brusquement j.que la paix séparée,qui avoir esté faite à Munster,ne fust pas publiée en fa présence. Devant que de partir il renvoya lesclefs de fa maison, que ses prédécesseurs avoient accoustumé de faire gar-der par celuy qui y faifoit les affaires du Roy pendant qu’il n’y avoir pointd’Ambassadeur; & il fit entendre en mefme temps , qu’à l’ávenir le com-merce ne feroitpas si grand entre lè Roy & les Estais , qu’on ne le fistbien entretenir par un Ministre du Second ordre. Sur quoy les Estais ré-solurent au mois de Janvier 1649. qu’à l’ávenir les Ambassadeurs & lesRésidents des Testes Couronnées ne seroient plus logés aux dépens del'Estat.
Jc viens de dire, que ses Extraordinaires font logés jusques au jourde l’audiance, & cela s’obferve presque par tout ; mais non si régulière-ment, que l’on ne permette quelquefois aux Ambassadeurs d’y demeurer :sor tout lors qu’ilsnc font pas obligés de faire placeá un dernier venu. Mesemes en ces rencontres on ne ses peut pas faire déloger de bonne grâce,
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