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Premiere partie.
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Z84 L’ Ambassadeur, et

Lc tSfyCarquù de St. Maurice., Ambassadeur Plénipotentiaire du més*meDuc deSayoye au Congrès de Westfalie, ne voulut pas faire son entréeà Munster,qu’il nessceust de quelle façon il y feroit traître. Devant qu'il par-tist de Turin ,1a France avoir fait asièurercette Cour là, qu’on ne le distin-gueroit pas d’avcc les Ministres des ProvincesUnies, Le Nonce luy fit dire,qu’il estoit prest de luy donner le tiltre d'Excellence ; pourveu qu’il l’obtinstaussy des Ambassadeurs de l’Empereur& des Couronnes. A son entrée iln’y eut que le Nonce» les Ambassadeurs de France, l’Evesquc d’Osnabrug,Plénipotentiaire du College Electoral, les Plénipotentiaires de Bavière,&leRésident deSuede,qui envoyerent leurs carosses audevantde luy. Le Non-ce & les mefmes Ministres , que je viens de marquer, le visitèrent les pre-miers: mais le mefme Nonce, & les Ambassadeurs de F Empereur & ef Espa-gne refusèrent de luy donner le tiltre dExcellence : dont il témoigna d’au-rant plus de ressentiment contre ceux d’Efpagne,que quelque temps aprésils en furent si prodigues envers ceux,àqui i’Ambassadeurdc Savoy e vou-lut bien donner la qualité de rebelles,pendant qu’on trafttoit si indignementun Prince, proche parent du Roy,leur Maistre. Le Nonce, qui avoir faittant dcdémarches,auroitbienpû en faire encore une,puis que le Pape In-nocent X. ordonna quelque temps aprés,que les ^Ambassadeurs de Savoye &de Toscane feraient traitús d'Excellence. t

11 n’y a pas longtemps qu’on estoit encore fort difficile ,fur ce sujet.En l’an i doz. Francisco de Castre, Ambassadeur Extraordinaire d’Espagne àVenise,fit entendre,qu’il ne donneroit pas dc l’Excellencc aux A mbassadeursordinaires qui yresidoientínon pas meíines àceluy d’Espagne: mais ceux deFrance & d’Angletcrre luy firent dire,que s’il refufoit dc leur donner le til-tre qui estoit deu à leur caractère,ils ne le verroient point. Que tous les au-tres Ministres, & les Cardinaux mefmes ne faisant point de difficulté de leleur donner,ils nesçavoientpas fous quel prétexté l'Ambasiâdeur d’Eípagnepouvoir le leur refuser. Don Franctsco voulut s’aider dc l’exemple du Con-nestablc dc Castille, qui en allant quelque temps auparavant en Angleterre,ne l’avoit point donné aux ordinaires ; mais Don Francisco fut enfin con-traintde se rendre,&de faire commelesautres.

L’Empereur , en ordonnant à ses Plénipotentiaires de faire à ceurdes Electeurs les mefmes honneurs qu’ils faisoient à l'Ambassadeur de Ve-nise,tant à l’égard de la premiere visite,que pour raccompagneraient, ne vou-lut pas d’abord qu'on leur donnas} le tiltre d'Excellence ; parce qu’on ne lcdonne point aux représentants, qui sont de leur part aux diètes ; mais il serelascha aussy sur cet article, & le leur fit donner. D’Avaux & lu Tutlle-rie, Ambassadeurs ds France à Venise, ne refusoient point de ceder la main