ses Fonctions. Liv. I. 395
l’amítìé kvy estoit fi nécessaire pour la conservation de ses plus importantsinterests. Les Souverains ne partagent leur dignité qu’avec leurs sem-blables ; mais j’ose dirc,qu’il n’y a rien qui la releve tant que la civilité qu’ilsfont aux personnes, qui ne leur doivent que le chapeau, & il n’y a pointde libéralité qui couste moins. II est vray que le Duc & les deux autresPlénipotentiaires de leur costé en userent bien cavalièrement dans l’inscri-ption de leurs lettres, à Mon sieur ,Âdonseur le Due de r Baviere i &ce n la sou-scription,• z/oí bien humbles serviteurs. D’Avaux&Servíen, en escrivant unelettre Circulaire aux Princes d’Allemagne, le îo.Janvier 164.5. les traittentde Serenisjìmes & <£zsíltejfes, mais en la souscription, prefls à servir vofireAltesse. Le Duc d'Engoulefme>m contraire,bien que Prince de naissance,en dérivant, avec ses Collègues, <*« Comte de Hanau , signe vofire tresaffe-El tonne serviteur.
En l’an 164t. le Roy d’Espagne fit offrir la charge de General de laMer au Prince Charles de Medicie ,frere du Granduc de Toscane, vacantepar la mort de Don Carlos, freredu Roy: mais le Granduc ne voulut point,que l'cufrere l'acccptast.si on ne la luydonnoit avec tous les avantages,quel’on avoit accordés au Prince Philibert de Savoye. II stipula entre autreschoses, que le Prince ne scroitpas obligé de ceder chez luy la main auxGrands d’Espagne , quand meimes ils auroient la qualité de Viccrov oud’Ambassadeur: &on îuy promit tout cela. Le Granduc oublia de stipuleren mesme temps, que le Roy obligeroit les Grands d’Espagne à aller visiterle Prince; parcc que sans cela il y avoit apparence,qu’ils n’cn feroient rien;puis qu’ils refusent de donner de l’Altesse aux Princes puisnés de la MaisondcSavoye, qui précédent ceux de Toscane, & qu’ils ne l’ont donné à DonJean d’Austriche, qu a condition, qu’il leur donneroit le tiltre d’Excel-ience.
Ce n’est que depuis quelques années, que les Ministres de la Courde France, & mesme les Secrctaires d’Estat. veulent qu’on leur donne letiltre d’Excellence. C’est à l’exemple d^pusicurs autres Cours dc l’Eu-rope, parmy les quelles celle dcSuede prétend qu’on ne le peut refuseraux Sénateurs ; parce qu’ils ne font pas tant partie du Conseil du Roy,que du Sénat du Royaume. Les Italiens , les Espagnols & les Allemansparlent presque tousjours en troisième personne, mais les François ont dela peine à s’y accoustumer ; c’est pourquny ces filtres n’y font pas forecommuns. M. le Prince de Condc ne peut souffrir qu’on le traître d’es 4 l-tejfe, depuis qu’on a prostitué ce tiltre , qui n’apparfient qu’aux Souve-rains, à des personnes, qui auroient çu-dc la peine à vérifier les quartiers Jeleur Noblesse, en forte qu’il alioit estre presque aussy commun que ccluy de
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