SES
Fonctions. Liv. I. 419
outres. Qujl fçavoit>que Boreel eftoit fi prudent, qu'tl n'entreprendroit pasde regler le rang entre les Couronnes j mais que s'tl manquoit à t ordre > il nemanqueroit pas d'en témoigner son rcjfenttmant ; non feulement comme Am-bassadeur ■> mais aufjy comme Cavalier, Boreel répondit, que ce n’estoit pasfa faute: qu’ii avoir assigné la visite de M. Colbert aprés l’heure qu’il avoirdonné à Guldcleeu , & que l’autre ayant anticipé l’heure il n’avoit pu le♦hasscr. Il ne laissa pas de s'en trouver tellement embarassé - que ne ha-chant quel party prendre , il n’ofoit rendre visite ny à l’autre ; jusqu’à ceque le Roy , considérant que ce petit démeslé pourroit faire une affaireaux trois Ambassadeurs , s’advifa d’un moyen de l'accommoder,en fortequ’il n’eust point de fuite. Il fit prier l’Ambassadeur de Dannemarc deprendre quelques jours de divertissement avec luy à Windsor . dont onfit advenir Boreel, qui íe rendit à la porte deGuldeleeuà l’heure mesmequ’il devoir monter à cheval , pour aller trouver le Roy. L'Ambassa-deur Danois surpris de cette rencontre, ou le voulant bien estre, íe fit ex-cuser sur la nécessité où il se trouvoit de suivre le Roy,qui l’attendoit, Scfit dire à Boreel,qu’il csloit satisfait de la visite, commes s’il l’avoit effecti-vement receije,& qu’à son retour il ne manqueroit pas de l’en remercier.Je ne Hais, si Dossat &Jeannin en auroient usé comme Colbert & Gulde-leeu. Ces Barbons auroient craint de faire une affaire à leur Maistre pourrien,&eussent mieux aimé éviter le démeslé, que d’en sortir aussy cavaliè-rement que ceuxcy firent. Boreel, en rendant les visites dans l’ordre qu’illes avoir receues , ne faiíoit point de tort à l’Ambassadeur ny au Roy deFrance,& Colbert n’acqueroit point d’ávantage du tout, en faisant une su-percherie à f Ambassadeur de Dannemarc. Les Plénipotentiaires de Fran-ce firent bien dire à ceux de l’Empereur , que s’ils voyoient le Comte dePegnarande, devant que de visiter le Duc de Longucville, il n’y auroit plusde commerce de visites entre eux; mais les autres ne laissèrent pas de sui-vre l’cxemplc des Médiateurs , & de visiter le Comte. 11 s firent dire auxMinistres de France , qu’ils ne pouvoientpas s’en dédire aprés avoir faitdemander audiance , Sc que cescroit sans préjudice des Ambassadeurs deFrance,
Le Comte de Siiartz.embourg, Ambassadeur de l’Empcreur en Angle-terre , citant arrivé à Londres en l’an 1622. l’Ambassadeur de France luyfit faire les civilités ordinaires , & trois jours aprés il le visita : ne doutantpoint que le Comte ne luy rendiít la premiere visite par prefcrence auxautres Ambassadeurs, Mais le Comte fit cet honneur à l’Ambaíïadeurd’E-spagne; tantparce queceluicy avoir prévenu l'Ambassadeur de France, quepnrccquc dans l’ordcequi s’obscrveàVienned’Ambassadeurss’Efpagne est
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